groupe de travail heures sup

lundi 28 avril 2008
par  Collectif Ambérieu

texte à compléter, amender, améliorer

Pourquoi nous refusons les heures supplémentaires.

Le gouvernement veut supprimer plus de 8000 postes d’enseignants à la rentrée 2008.
Quand les parents d’élèves et les enseignants s’inquiètent des conséquences inévitables de ces suppressions de postes (départs en retraite non remplacés, mutations imposées de professeurs, suppressions de classes, de dédoublements, d’options, alourdissement des effectifs, etc.), on leur répond qu’il existe une solution : les heures supplémentaires ! Tout le monde y gagnerait, dit-on, y compris les professeurs, suivant le mot d’ordre « travailler plus pour gagner plus ».
Mais c’est une fausse bonne idée. Dans tous les établissements, les enseignants signent des engagements à refuser les heures supplémentaires à la rentrée prochaine, au-delà de l’heure imposable. Nous refusons de travailler plus pour treize raisons, lesquelles se peuvent ranger sous quatre chefs :

A. Parce qu’accepter les heures supplémentaires, c’est aggraver le chômage des jeunes.
B. Parce qu’accepter les heures supplémentaires, c’est également dégrader les conditions de travail de ses collègues enseignants.
C. Parce qu’accepter les heures supplémentaires, c’est alourdir encore une charge de travail déjà suffisamment lourde pour les enseignants.
D. Parce qu’accepter les heures supplémentaires, c’est en définitive détériorer les conditions d’apprentissage des élèves.

A. Accepter les heures supplémentaires, c’est aggraver le chômage des jeunes :

(1) Suppression de postes aux concours de recrutement :

Les 8000 postes supprimés seront 8000 emplois de moins dans un pays déjà victime du chômage de masse.
Les jeunes, les étudiants qui se destinent à l’enseignement voient se fermer 8000 portes. Le nombre de postes ouverts aux concours de recrutement baisse régulièrement depuis des années [il faudra citer les chiffres exacts]. En 2008, dans plusieurs disciplines, on ne recrutera aucun professeur.
Les professeurs qui refusent les heures supplémentaires le font donc, parce qu’ils refusent d’aggraver le chômage. C’est un acte de solidarité.
Un professeur certifié doit 18 heures de service en présence des élèves. Si 6 profs acceptent chacun 3 heures supplémentaires, ils détruisent un emploi.

B. Accepter les heures supplémentaires, c’est aussi dégrader les conditions de travail de ses collègues enseignants :

(2) Mutation imposée aux professeurs, dont les postes sont supprimés, à la suite de la transformation des heures-postes en heures supplémentaires effectuées par les autres professeurs de la même discipline.

(3) Partage des mêmes enseignants entre deux ou trois établissements différents.

Ce partage entraîne évidemment une moindre présence et une moindre implication du professeur dans chacun de ces établissements.

C. Accepter les heures supplémentaires, c’est évidemment alourdir une charge de travail suffisamment lourde pour les enseignants :

(4) Temps de travail des enseignants fixés par un décret de 1950 comme équivalent à 45 heures hebdomadaires.

Si nous refusons les heures supplémentaires, c’est aussi parce que nous travaillons déjà trop, nous sommes fatigués par un travail de plus en plus difficile.
Le temps de travail des enseignants a été fixé en 1950 par un décret. Il correspondait au temps de travail des salariés de l’époque : 40 heures officiellement, 42 ou plus en pratique. La loi a estimé que pour une heure devant élèves, le professeur travaille 1h50mn (préparation, correction, évaluation, recherches…). Pour un professeur certifié, cela faisait donc 18hX2,5 = 45h de travail par semaine. (45 et non 42 ou 40 pour tenir compte des « petites vacances »)
Le salaire annuel a été calculé sur 10 mois, les deux mois de vacances sont en fait deux mois de congé sans solde.
Des études récentes faites par le ministère ou par une commission du Sénat [à déterminer] établissent que les professeurs travaillent en moyenne 39 heures par semaine. Les enquêtes faites par les syndicats donnent des nombres plus élevés.
Si vous n’avez pas de professeur dans votre famille, vous avez peut-être l’impression que les enseignants se la coulent douce. Mais si vous vivez avec un professeur, vous savez qu’il travaille le week end, tard le soir et même la nuit. (50 % du travail de correction, d’après une enquête récente).

(5) Seule profession à n’avoir pas bénéficié de réduction du temps de travail depuis 1950.

Depuis 1950, nous sommes la seule profession dont le temps de travail n’a jamais été revu à la baisse. Les 35 heures, les RTT, c’est pour les autres.

(6) Augmentation du nombre d’élèves par professeur induite par la réduction des heures par matière successivement imposée par les nouveaux programmes.

Quand un professeur certifié de français doit enseigner 6h dans chaque classe, il a en charge trois classes (3X6=18) ; s’il ne doit plus enseigner que 4h30mn dans chaque classe, il aura en charge quatre classes (4X4,5=18) ; s’il ne doit plus enseigner que 3h dans chaque classe, il pourra avoir en charge six classes (6X3=18).

(7) Augmentation du nombre d’élèves par professeur induite par l’augmentation des effectifs de chaque classe imposée par des restrictions budgétaires (baisse du coefficient heures/élève).

(8) Multiplication des missions de l’enseignant (orientation, organisation et suivi des stages, organisation du B2i, etc.).

(9) Multiplication des obligations de l’enseignant (réunions diverses, soutien scolaire, P.P.R.E., tutorat, charge de professeur principal, de coordonateur, note de vie scolaire, etc.) .

En revanche, la charge de travail s’est alourdie de nouvelles obligations… Et le métier est de plus en plus fatiguant…

D. Accepter les heures supplémentaires, c’est en définitive détériorer les conditions d’apprentissage des élèves.

(10) Risque de partage des mêmes classes entre différents professeurs de la même matière.

(11) Risque d’emploi des professeurs dans d’autres matières que celles pour l’enseignement desquelles ils ont été formés.

(12) Risque de transformation des heures de cours en heures de garderie.

Depuis deux ans, on voudrait nous imposer le remplacement des collègues absents par des volontaires en heures supplémentaires, avec des élèves que l’on connaît pas, dans une autre matière. C’est de la garderie, pas de l’enseignement. Il faut créer des postes de titulaires-remplaçants pour un travail sérieux.

(13) Baisse assurée de la qualité de l’enseignement.

Bien sûr, certains professeurs acceptent beaucoup d’heures supplémentaires. Ils le font pour payer leur maison ou leurs vacances, pas pour le bien des élèves. C’est un travail superficiel, répétitif, sans attention réelle aux élèves.



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